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Esquisses...

Publié le par JEAN SNAPS

à propos de la génération de Christian de Duve, Prix Nobel de Médecine en 1974, et qu'il a accepté de publier sur son blog

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 « In memoriam Christian de Duve »

« Ce 16 mars dernier, nous étions plusieurs à débattre devant quelque 150 médecins à Lessive (près de Rochefort). Pour la première (et dernière) fois, je faisais face à l’éminent professeur de Duve. J’avais lu sa « Génétique du péché originel » (Odile Jacobs 2009). Mon jugement  était et reste que, autant le prix Nobel faisait un excellent pédagogue en matière de sciences, autant – dès qu’il parlait philosophie – ce savant pratiquait un concordisme en retard de deux siècles. Pour Christian de Duve, c’était la science plutôt que la foi – comme aux grandes heures du positivisme. L’idée que les deux démarches puissent coexister pacifiquement – la science cherchant le « comment » des choses et la foi creusant leur « pourquoi » – lui était étrangère. »....

« Pratiquant non croyant »

« Christian de Duve a suivi le parcours de nombre d’intellectuels de sa génération, appartenant à la meilleure société catholique: Nourris depuis l’enfance au lait maternel de la religion et ayant fréquentés tous les « bons » collèges, troupes scoutes, catéchismes… Ceci, avant de se découvrir viscéralement incroyants. En soi, ce parcours n’a rien de choquant ; la foi est Grâce et non évidence. Deux choses surprennent, malgré tout : D’abord que ce rejet du catholicisme se greffe sur une vision caricaturale et une méconnaissance massive de la révélation chrétienne. D’où ma question : « La culture chrétienne qui a bercé leur enfance, était-elle donc tellement infantilisante et de si piètre qualité ? » A ce jour, je n’ai pas de réponse à mon interrogation. ».

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Cher Eric,

Lorsque vous vous demandez si la culture chrétienne qui a bercé l'enfance de la génération de Monsieur de Duve aurait pu infantiliser celle-ci ; sauf votre respect, il me semble que ce n'est pas tant cette culture chrétienne, que le catholicisme lui-même qui, de par « sa vision caricaturale et sa méconnaissance massive de la révélation chrétienne », est venu à bout de la confiance qu' avait cette génération en l'Eglise et, plus grave encore : de sa confiance, même incertaine, en Dieu.

Notez que je ne jette pas la pierre qu'à l'Eglise Catholique Romaine, mais également à l'ensemble des religions dont la ligne de conduite consiste principalement à infantiliser les fidèles afin de les soumettre : non pas à Dieu, mais à ses prétendus représentants. Cela engendre de plus en plus souvent chez ceux qui se remettent en question, des réactions excessives comparables à celle de Monsieur de Duve qui avouait pourtant avoir été sensible, tout au début de sa carrière, à la doctrine du « vitalisme ». Il nous confie dans ses mémoires que : « Bouckaert était un mécaniste convaincu, pour qui la science, y compris la biologie, avait pour but d'essayer d'expliquer les faits en termes strictement naturels de physique et de chimie, sans faire appel à des entités immatérielles telles que «  le souffle de vie » qui, selon l'école dite des vitalistes, « anime la matière » dans les êtres vivants. »... « Enthousiasmé par mes lectures ,  j'avais commis un « essais sur la vie », dans lequel je n' hésitais pas à parler avec vénération d'une mystérieuse «  force vitale » et que j'ai soumis à Bouckaert avec le secret espoir d'être complimenté. L'éclat de rire avec lequel il a accueilli mes élucubrations et la critique impitoyable qu'il en a faite au cours d'un goûter sont restés dans ma mémoire. Depuis lors, j'ai adopté le mécanisme inconditionnel de mon Maître,... ». Un peu plus loin, Monsieur de Duve décrit ses recherches comme étant menées « en toute objectivité et sans idée préconçue » ! A mon sens, ce genre de comportement porte un nom que je vous laisse le soin de deviner...

Concernant ce pauvre homme devant l'Eternel, que j'ai croisé, juste le temps d'un petit différend devant la maison d' Erasme vers 1990, son sort est à présent entre les mains de notre Créateur..., mais il existe malgré tout des scientifiques tels que Commoner, né la même année que de Duve et qui nous a quitté en 2012 , bien plus objectifs et moins frustrés par une quelconque religion, qui soutiennent qu' à l'intérieur de la cellule, divers facteurs échappant aux dogmes de la biologie moléculaire font qu'une même séquence d' ADN constituant un gène peut être à l'origine de plusieurs protéines différentes. Selon eux, il faut également renoncer à la vision mécaniste simpliste selon laquelle l' ADN serait à l'origine de la vie.  " Dans l'état actuel des connaissances," conclut Barry Commoner, " il faut plutôt soutenir que c'est la cellule qui, pour assurer sa reproduction, a créé l' ADN ".

Cette façon de voir est l'équivalent, au niveau de la cellule, de l'hypothèse Gaïa au niveau de la biosphère. De même que c'est la vie qui a créé les gaz de l' atmosphère et les maintient en équilibre, c'est la vie qui a créé les molécules d' ADN. Ne serait-ce pas là un retour au vitalisme ?

Jean Snaps

 

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